Au cours d’une de vos visites culturelles, vous n’avez pas pu manquer le logo officiel qui figure sur tous les monuments historiques français. Découvrez dans cet article ce qu’il signifie.
Les monuments historiques : définition
Un monument historique désigne un immeuble ou un objet mobilier reconnu par l’État pour son intérêt historique, artistique, architectural, scientifique ou technique.
Cette reconnaissance ouvre droit à une protection juridique, afin d’assurer sa préservation, sa conservation et sa transmission aux générations futures.
Les monuments historiques : leur origine
La notion de la conservation de nos trésors nationaux, et plus largement des monuments français, apparaît sous la Révolution. Nous avons cité plus haut l’importance de l’abbé Grégoire dans cette lutte.
C’est en 1790 que voit le jour la Commission des monuments. Son rôle ? Inventorier et conserver les œuvres saisies pendant la Révolution.
Elle sera remplacée en 1794 par la Commission des Arts.
En 1795, Alexandre Lenoir est chargé de la direction du tout nouveau musée des Monuments français. Cette institution culturelle conserve les biens nationaux pillés pendant la Révolution.
Ce musée est définitivement fermé en 1816, au rétablissement de la Monarchie.
L’École nationale supérieure des beaux-arts prendra place dans ce bâtiment.
Et les collections ? Elles sont dispersées entre le Musée du Louvre et Versailles.
En 1830, un poste d’Inspecteur général des monuments historiques est créé. C’est à Ludovic Vitet, historien d’art et archéologue, que revient cette charge. Son rôle ? Répertorier les monuments historiques afin de les conserver. Prosper Mérimée reprendra le flambeau en 1834. Il met en place la Commission des monuments historiques en 1837. Celle-ci continue le travail d’inventaire, mais s’attache surtout à répertorier les monuments en péril.
Une première liste est ainsi établie en 1840. Cependant, cette commission possède encore trop peu de pouvoirs. Elle ne peut donc pas s’opposer à la destruction de demeures privées ou communales. Il faudra en effet attendre 1887, soit 40 ans plus tard, pour voir la première loi adoptée. Parmi les œuvres emblématiques restaurées par la Commission, citons la restauration de la cathédrale Notre-Dame et la cité de Carcassonne.
Le logo des monuments historiques
Le logo des monuments historiques en France a été conçu en 1985 par l’architecte Jean Widmer. Il se compose d’une croix stylisée rouge formée de quatre « M » entrelacés. Que signifie ces lettres ? Monument, Mémoire, Matériau, Méthode.
Ce symbole, inspiré du labyrinthe de la cathédrale Notre-Dame de Reims, incarne la rigueur, la stabilité et l’ordre. Il figure sur les plaques en fonte apposées sur les bâtiments protégés, les panneaux signalétiques et les publications du Ministère de la Culture.
Depuis 2019, le logotype monument historique a été modernisé.
Qu’est-ce qu’un immeuble par destination ?
C’est un bien mobile qui, en raison de son lien avec l’édifice, est considéré comme immobilier. Il est en effet affecté à un monument de manière permanente. Il fait ainsi partie d’une manière intégrante à cet édifice.Il peut s’agir de boiseries, de miroirs, de manteaux de cheminée, de parquets, etc. Imaginez la Galerie des Glaces sans ses miroirs et ses boiseries !
D’où l’importance de classer un monument historique afin qu’il ne puisse pas être démantelé.
Vous souhaitez valoriser un monument historique ?
Comment sont classés les monuments historiques ?
En mars 1887, une loi est adoptée afin de classer les monuments et les objets jugés d’intérêt national. Les propriétaires de ces immeubles ont désormais des droits et des devoirs.
Devant la réticence de certains propriétaires, une deuxième loi est votée, en décembre 1913. Elle permet de classer d’office les monuments et les objets présentant « au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public ». Ceci sans l’accord des propriétaires.
En 1927, la loi Chastenet vient renforcer celle de 1913. Elle crée en effet un deuxième niveau de protection : l’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Son but ? Empêcher les propriétaires de procéder à des travaux ou à des modifications sans en avertir le ministère de la Culture, à cette époque, le ministère des Beaux-arts.
Aujourd’hui, grâce à la décentralisation, ce sont les Directions régionales des affaires culturelles (Drac) qui engagent les procédures de classement.
Qui gère les monuments historiques ?
En 1914, la Caisse nationale des monuments historiques et des sites est créée grâce à la loi du 10 juillet.
Son objectif ? Gérer les fonds destinés à l’entretien et à la préservation des monuments.
Cette institution change de nom en 2000. Elle devient le Centre des monuments nationaux. Cet établissement public à caractère administratif (EPCA) est placé sous la tutelle du ministère de la Culture.
Les missions du CMN ?
🖼️ Conserver, restaurer et entretenir ses 100 monuments nationaux, notamment grâce à la cellule de l’inventaire et du récolement des collections ;
🖼️ Rendre accessible ses collections aux publics ;
🖼️ Développer l’offre culturelle ; 🖼️ Valoriser son patrimoine grâce à des ouvrages de référence.Le siège du CMN se situe à l’Hôtel de Sully, dans le quartier du Marais, à deux pas de la Place des Vosges. Si vous traversez le jardin et que vous passez la petite porte, vous y êtes.
Monuments historiques classés ou inscrits, quelle différence ?
La législation établit, pour les Monuments historiques, une distinction entre deux niveaux de protection : les biens classés et les biens inscrits.
Les monuments historiques classés
Il s’agit de biens culturels dont la conservation présente un intérêt national au regard de l’histoire ou de l’art. C’est le niveau le plus élevé de la protection de l’État. Le classement s’effectue au niveau national par décision du ministre de la Culture. La proposition vient : de la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) ou de la Commission du Patrimoine et de l’Architecture (CNPA).
La base Monumentum mentionne 14 999 biens classés.
Parmi les édifices classés au monument historique, citons la plus vieille maison de Paris, l’église collégiale Saint-Laurent à Salon-de-Provence où fut déposé le corps de Nostradamus.
Les monuments historiques inscrits
Ils présentent un intérêt historique ou artistique suffisant pour justifier leur préservation. L’inscription s’opère au niveau régional grâce au Drac, suivant la région.
Certains immeubles peuvent posséder les deux appellations. C’est le cas de l’Institut d’art et d’archéologie, dit Centre Michelet (Université Paris I et Paris IV). Inscrit en 1994 et classé en 1996.
La base Monumentum fait état de 34 055 biens inscrits, soit plus de la moitié des immeubles classés.
La protection d’un bien culturel peut ne concerner qu’une partie du bien culturel. Une partie de la façade par exemple.

Les biens culturels protégés au titre des monuments historiques
Les objets protégés au titre des monuments historiques désignent des biens mobiliers. Il s’agit d’objets (et non des bâtiments), reconnus pour leur valeur historique, artistique ou scientifique exceptionnelle. Ils bénéficient d’une protection juridique spécifique en France, au même titre que les édifices classés ou inscrits.
De nombreux objets classés ou inscrits restent dans les bâtiments où ils se trouvent depuis des siècles. C’est le cas par exemple :
- des chaires, des retables, des tableaux ou reliquaires conservés dans des églises classées ;
- du mobilier d’apparat conservé dans des châteaux, des hôtels particuliers ou des palais de justice inscrits ;
- des objets funéraires intégrés à des monuments anciens (tombes, mausolées, chapelles).
Ces objets « accompagnent » l’histoire du bâtiment. Leur valeur découle souvent de leur contexte d’origine.
Parfois, ces biens culturels français sont déplacés dans des musées ou des centres de conservation ou d’étude. En effet, ils présentent un risque ou demande une conservation spécifique.
