Patrimoine naturel de France : un héritage précieux à préserver


La diversité exceptionnelle des paysages, des écosystèmes, et des espèces présentes sur le territoire français constitue un héritage d’une richesse inestimable. Ces milieux variés sont des témoins de l’histoire géologique, biologique et culturelle du pays. Le patrimoine naturel de France attire, chaque année, des millions de visiteurs grâce au tourisme durable et à l’économie locale. Face aux défis environnementaux actuels, protéger ces espaces revêt une importance capitale. Il ne s’agit pas seulement d’un devoir envers la nature, mais aussi d’une responsabilité vis-à-vis des générations futures.

À la découverte des 3 piliers du patrimoine

Véritable témoin de notre passé, le patrimoine désigne l’ensemble des biens, matériels ou immatériels, reconnus pour leur grande valeur culturelle, historique ou environnementale. Sa préservation permet de transmettre aux générations futures des éléments concrets. On peut le diviser en 3 types.

Le patrimoine immatériel

Il est le gardien de nos coutumes, de nos traditions et de notre créativité. Il témoigne de l’évolution de notre société. La sauvegarde de ces éléments contribue à la construction d’une identité commune et au renforcement du lien social.

Le patrimoine matériel

Il est constitué de l’ensemble des biens tangibles : les bâtiments historiques, les objets d’art, les photographies, et tout autre élément palpable.

Ces témoins physiques des modes de vie et des savoirs anciens nous offrent une fenêtre sur le passé. Ils contribuent à la mémoire collective et à la compréhension de l’Histoire.

Le patrimoine naturel

Il désigne l’ensemble des éléments géographiques, biologiques et paysagers qui contribuent à la richesse et à la diversité du territoire français.

Il englobe une variété de milieux tels que les montagnes, les forêts, les rivières, les lacs, les côtes maritimes, et bien plus encore. Mais aussi tout ce qui concerne la biodiversité et les écosystèmes. La protection et la gestion durable de ces biens sont essentielles pour maintenir l’équilibre écologique afin d’assurer sa transmission aux générations à venir.

La diversité remarquable du patrimoine naturel de France

Des majestueuses montagnes des Alpes aux paradisiaques lagons de Nouvelle-Calédonie, chaque région du pays révèle une mosaïque de paysages uniques.

Au-delà du spectacle visuel, la faune et la flore françaises se distinguent, avec plus de 180 000 espèces répertoriées, soit 10 % du total mondial. Ce qui fait de la France un véritable réservoir de biodiversité. La variété des écosystèmes présents sur le territoire témoigne de ce patrimoine d’une grande richesse.

Montagnes et hautes altitudes

Vingt-neuf pour cent du territoire métropolitain est couvert de zones montagneuses (les Alpes, le Massif central, les Pyrénées, les Vosges).  Elles témoignent d’une histoire géologique riche et abritent des organismes vivants endémiques, adaptés aux altitudes élevées.

Vingt pour cent de la diversité végétale européenne pousse en haute montagne. Avec le parc national de la Vanoise, des Écrins et du Mercantour, le massif des Alpes compte à lui seul trois parcs nationaux. Ils offrent un terrain de jeu sans limite pour les amoureux de grands espaces et les amateurs de sports de plein air.

Zones aquatiques et cours d’eau

Les rivières, étangs, marais, mangroves, eau stagnante ou courante, douce ou salée forment un ensemble très varié. Ces 13 millions d’hectares de terres humides sont des habitats privilégiés pour de nombreuses formes de vie, certaines parfois rares et menacées.

Elles jouent également un rôle clé dans la régulation des ressources en eau. La réserve naturelle nationale de Camargue a été désignée site Ramsar en 1986. Cette reconnaissance internationale souligne l’importance écologique de la région en tant que zone humide.

alpes du sud
Montagnes des Alpes-du-Sud (N. Baills)



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📌Focus : qu’est-ce qu’un site Ramsar ?

Il se caractérise par une zone humide d’importance internationale, selon la convention de Ramsar (adoptée en 1971, en Iran). Pour bénéficier de ce label, le site doit prétendre à un certain nombre de critères.

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Mers et côtes littorales

La France possède le deuxième espace maritime mondial. Il s’étend sur plus de 10 millions de km², dont 97 % situés en outre-mer. Les 5 500 kilomètres de côtes littorales hexagonales sont bordés de paysages côtiers, de plages et de dunes.

Des écosystèmes marins exceptionnels peuplent les territoires ultramarins tels que la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie ou la Réunion. Ils accueillent également la quatrième plus grande surface de récifs coralliens au monde. Ces réserves biologiques offrent un habitat crucial pour de nombreuses espèces de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux migrateurs.

Patrimoine forestier

Il englobe une grande diversité d’écosystèmes boisés et abrite de nombreuses espèces végétales et animales spécifiques. Avec plus de 16 millions d’hectares de forêts, il couvre près d’un tiers du territoire, soit deux fois plus qu’il y a 200 ans.

La Guyane possède 7,3 millions d’hectares de forêt primaire, ce qui en fait le plus grand espace tropical protégé au monde. Un certain nombre de bois domaniaux appartiennent à l’État et sont gérés par l’Office national des forêts (ONF). Ces espaces sont soumis à des plans de gestion durable.

ile du frioul
Ile du Frioul, Bouches-du-Rhône (N. Baills)

Les sites du patrimoine naturel français salués par l’Unesco

Pour être inscrit sur la liste du patrimoine mondial, un bien doit être notamment reconnu pour sa valeur universelle. Les États signataires de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972 s’engagent à 👍

  • protéger ;
  • conserver ;
  • restaurer ;
  • transmettre cet héritage.

La France compte ainsi 7 biens naturels classés

Les forêts primaires et anciennes de hêtres des Carpates et d’autres régions d’Europe (2007)

Ce bien raconte l’histoire d’une espèce qui constituait la forêt primitive de tout un continent. Il regroupe 93 forêts réparties dans 18 pays, témoins de l’évolution de l’écosystème du hêtre en Europe depuis l’ère glaciaire.

En France, il englobe notamment les forêts des réserves naturelles de La Massane (Midi-Pyrénées) et du Grand Ventron (Alsace).

Le golfe de Porto (1983)

Il est situé dans le parc naturel régional de Corse, sur la côte ouest de l’île. La réserve occupe la presqu’île de la Scandola. Elle abrite la calanque de Piana et le golfe de Girolata.

C’est le premier site naturel français à avoir été inscrit au patrimoine mondial. Sa végétation est un remarquable exemple de maquis et on peut y observer des goélands, des cormorans et des aigles de mer.

Les Pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion (2010)

Cette zone correspond à la partie centrale du parc national de la Réunion. Dominée par le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde, elle s’étend sur plus de 100 000 hectares. Composé de cônes volcaniques, d’un cirque naturel profond et de remparts (formations rocheuses verticales), le site témoigne de l’évolution géologique de l’île.

Les lagons de Nouvelle-Calédonie

Ils représentent l’un des écosystèmes marins les plus diversifiés au monde, et possèdent l’un des plus vastes récifs coralliens. Également reconnue pour son importance culturelle, cette région atteste de la connexion profonde entre les populations locales et leur environnement.

Les eaux de Nouvelle-Calédonie abritent une biodiversité marine exceptionnelle. Elles offrent un habitat pour de nombreuses espèces menacées comme les tortues, les baleines ou les dugongs (mammifères marins de la famille des lamantins).

Volcans et forêts de la montagne Pelée et des Pitons du Nord de la Martinique (1999)

Témoin de l’activité volcanique dans la région, ce site est d’une importance géologique et écologique rare. Il est aussi un rappel historique de l’éruption dévastatrice de la montagne Pelée en 1902, l’un des événements volcaniques les plus meurtriers du 20e siècle.

Les forêts environnantes abritent des espèces animales et végétales adaptées aux conditions volcaniques.

paysage de martinique
Parc régional de Martinique (N. Baills)

Les terres et mers australes françaises

D’une superficie de plus de 166 millions d’hectares, elles représentent un vaste territoire d’outre-mer français au cœur de l’océan Austral. Cette région abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. Elle comprend des îles telles que : Crozet et Kerguelen ; les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam ; les îles Éparses et la Terre Adélie.

Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, l’évolution biologique de ces terres est extrêmement bien préservée. Elles jouent un rôle crucial dans l’étude du changement climatique et la préservation des écosystèmes dans les régions australes et antarctiques.

Le massif des Pyrénées – Mont Perdu, site mixte (1997)

À cheval entre l’Espagne et la France, il s’agit d’un vaste ensemble montagneux d’une surface totale de 30 639 hectares. Le site rayonne autour du pic du Mont Perdu, massif calcaire qui culmine à 3 352 mètres.

La diversité géologique et les processus glaciaires ont sculpté ce paysage au fil des millénaires. Culturellement, ce territoire présente un mode de vie agricole resté inchangé au XXe siècle, fait de traditions transmises de génération en génération.

Les principales menaces qui mettent en péril nos richesses naturelles

La dégradation du patrimoine naturel en France est une réalité préoccupante. Au fil des dernières années, le pays a connu une perte significative de sa biodiversité. Particulièrement marquée par la disparition d’espèces végétales et animales. Elle est le 6e pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées au monde.

Soixante-huit pour cent des biotopes en péril au niveau européen sont présents en France métropolitaine. Différents facteurs, quasi exclusivement liés à l’activité humaine, contribuent à cette fragilisation.

L’urbanisation croissante

L’expansion urbaine constitue l’une des principales menaces. La conversion de terres sauvages en zones résidentielles, industrielles ou commerciales entraîne la destruction des habitats naturels et la modification des paysages.

Trente pour cent des impacts sur la biodiversité s’avèrent causés par la destruction et l’artificialisation des milieux naturels.

Les changements climatiques

Les variations de température et les phénomènes météorologiques extrêmes impactent directement les écosystèmes fragiles. Les habitats côtiers, les forêts, les prairies et les zones humides sont particulièrement vulnérables.

En zone forestière, plus de la moitié des plantes, 17 % des oiseaux, et 7 % des mammifères sont actuellement en danger.

La pollution de l’air, de l’eau et des sols

Les émissions industrielles, l’utilisation intensive de pesticides, les microplastiques ou la pollution sonore menacent la qualité de l’air, de l’eau et des sols.

Ces facteurs contribuent à la dégradation des milieux, affectant la santé des plantes, des animaux et des humains.

La surexploitation des ressources naturelles

La pêche excessive, la déforestation, l’extraction minière ou toutes activités où nous prélevons au-delà de ce que le milieu peut régénérer.

Cette pression exercée sur les ressources naturelles menace directement la stabilité des biotopes et perturbe les cycles écologiques.

L’introduction d’espèces exotiques envahissantes

L’introduction, délibérée ou accidentelle, d’organismes étrangers dans des écosystèmes qui ne sont pas les leurs peut avoir des impacts dévastateurs. C’est par exemple le cas de La langue de Belle-Mère (Sansevieria trifasciata) en Martinique. Ce processus entraîne, notamment, une compétition avec les espèces indigènes pour les ressources telles que la nourriture, l’eau et l’espace.

Les espèces exotiques envahissantes sont impliquées dans la moitié des extinctions connues. Des efforts sont déployés à l’échelle mondiale pour prévenir, contrôler et minimiser leurs impacts.

Colorado Provençal
Colorado provençal, Rustrel, dans le Lubéron (N. Baills)


Décryptage des principales mesures de protection de la nature en France

La protection des espaces naturels repose sur un ensemble de dispositifs, locaux et nationaux. Ils comprennent des mesures législatives, des initiatives de conservation, des programmes de sensibilisation et des partenariats avec des acteurs divers. Dans l’ensemble, ces outils forment un réseau interconnecté.

Parcs nationaux


La France en compte 11, caractérisés par leur richesse écologique et paysagère. Ils occupent 50 000 km², soit près de 8 % du territoire national. Marins ou terrestres, ils couvrent de vastes étendues généralement peu altérées par la présence humaine.

Ces sites protégés sont principalement dédiés à préserver la diversité biologique, les paysages et les processus écologiques dans leur ensemble.

Le territoire d’un parc national se divise en deux zones. Au centre, une « zone cœur », soumise à des règles de protection strictes. L’activité humaine y est souvent limitée. Ces espaces sont principalement des lieux de recherche. Véritables laboratoires à ciel ouvert, leurs suivis participent à une compréhension scientifique de la nature. La zone d’adhésion est constituée par les communes périphériques ayant accepté d’adhérer à la charte du parc. L’objectif est de concilier les actions de préservation et les attentes socio-économiques locales.

Propices aux activités de pleine nature, les parcs nationaux français accueillent chaque année plus de huit millions de visiteurs. Les acteurs locaux s’appliquent à y développer un tourisme respectueux de l’environnement.

En France, la loi du 22 juillet 1960 permet la création des parcs nationaux par décret en Conseil d’Etat. Ils sont ensuite placés sous la responsabilité de l’Agence française pour la biodiversité.

Réserves naturelles

C’est l’un des outils les plus courants de la protection de l’environnement à l’échelle locale. Souvent créées en réponse à des besoins spécifiques de conservation, elles ont principalement un but de protection. Elles peuvent également avoir des objectifs de recherche et d’éducation environnementale.

Elles sont gérées par des organismes gouvernementaux, des ONG, des collectivités locales ou des associations spécialisées : la France recense aujourd’hui 359 réserves naturelles : 169 nationales, 183 régionales et 7 en Corse.

étang de berre
Coucher de soleil sur l’étang de Berre (N. Baills)

Inventaire du patrimoine naturel (INPN) 

L’INPN est un outil qui a pour mission de recenser, caractériser et documenter la diversité biologique et géologique du territoire. Il est géré par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) en collaboration avec le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

L’objectif est de diffuser largement les informations collectées. Une base de données en ligne, des cartographies et des rapports thématiques sont mis à disposition. Ces éléments sont utilisés afin d’orienter les politiques environnementales et d’aider à la définition des mesures à mettre en place.

C’est un des dispositifs essentiels pour la gestion et la conservation de la biodiversité en France. Il favorise la collaboration entre les scientifiques, les gestionnaires d’espaces naturels, les décideurs et le grand public. La consultation de la base de données de l’INPN est accessible via le site web dédié.

Sites classés et inscrits

Certains sites naturels, culturels ou paysagers sont classés ou inscrits pour leur caractère exceptionnel. Cette classification permet de protéger leur intégrité et d’encadrer les éventuels projets de développement. Ce sont en général des sites très fréquentés. Ce qui les expose à des risques de dégradation liés à l’affluence touristique ou à des programmes d’expansion non maîtrisés.

La protection accordée à ces sites se traduit par diverses mesures, telles que des contraintes en matière d’aménagement ou des directives afin de minimiser l’impact des activités humaines. L’objectif principal étant de garantir leur conservation à long terme.

Gardiens de ces innombrables richesses nous portons une responsabilité précieuse. Elle nécessite engagement, collaboration et respect envers la nature qui nous entoure. Il est de notre devoir de promouvoir des pratiques durables et de sensibiliser à sa fragilité. Préservons notre environnement, pour un avenir où la biodiversité prospère, et où la beauté de la France continue d’éblouir le monde. Protégeons notre patrimoine naturel afin qu’il reste une source inépuisable de joie, d’émerveillement et d’inspiration.

Mélanie Frédérick Linglet

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